Capitale: Katmandu
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Le Népal a toujours été une destination de rêve pour moi. C'est incroyable comme le temps file... Il y a plus de quarante ans j'ai fait de l'alpinisme dans les Rocheuses canadiennes et au Mexique et j'ai adoré ça, si bien que j'ai acheté des livres sur l'Everest, sur la très belle pyramide Makâlû à l'Est de l'Everest et sur l'Annapurna que Maurice Herzog fut le premier à conquérir aux prix de ses doigts et de ses orteils. Des années plus tard, alors que j'étais très occupé et travaillais très fort dans les années 60, 70 et 80, il m'arrivait de rêver au Népal et d'avoir envie de tout laisser tomber pour aller visiter ce haut lieu des hippie qu'était Katmandu... Et maintenant que je ne fais plus d'alpinisme et que l'aventure hippie ne me tente plus, voilà que je me retrouve au Népal... Quelle vie! |
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Lonely Planet CIA |
Le Capital Guest House a été mon pied-à-terre dans la région, une chambre avec salle de bain coûtait seulement 4 US$ et la bouffe était très bonne. C'est là que j'ai rencontré Khogen Pun qui m'a guidé dans Pokhara quand je suis revenu du Tibet.
Pendant des années j'ai rêvé au Népal pour ses montagnes et à Katmandu pour ses cafés saturés de marijuana. Je ne m'attendais donc pas du tout à découvrir un peuple très religieux vénérant autant les déités du bouddhisme tantrique que toute une variété de dieux hindous dans d'innombrables temples, petits et grands, tous plus beaux les uns que les autres.
Ce pittoresque sâdhu m'a salué d'un geste de paix ou de bénédiction, alors qu'il était assis à l'entrée du petit temple blanc que l'on voit sur la photo précédente, devant devant le grand temple Maju Deval du XVIIe dédié au dieu hindou Shiva sur le square Durbar (place du palais), de Katmandu.
Il n'y a plus de hippies dans les anciens repaires qu'ils occupaient sur la Freak Street maintenant que leur culture a disparu de la surface de la terre (sauf dans le village-musée de Nimbin en Australie). Quelle déception! ça ne sentait même pas la mari!
Le temple Kotilingeshwar du XVIe, à l'avant plan, et le temple Mahavishnu, à côté, honorent respectivement les dieux hindous Shiva et Vishnou.
Ce paternel sâdhu me saluant d'un geste amical mendiait près du temple Indrapur, lequel est si ancien qu'on ignore à quel dieu il est voué (peut-être à Shiva à cause du lingam à l'intérieur, ou à Vishnu à cause de l'image de Garuda sur le côté sud, ou à Indra, pour son nom).
Vous allez probablement cesser de regarder si je vous montre trop de photos de temples, alors voici une scène de rue pour faire diversion. C'est Kel Tole, une place grouillante d'activités avec toutes ses petites boutiques où l'on trouve de tout, de ces gros chaudrons en cuivre (à gauche) jusqu'aux vêtements et l'encens.
Le petit temple construit en l'honneur de Shiva par le roi Pratap Malla en 1667, dans le centre du Rani Pokhari (L'étang de la reine), pour consoler celle-ci de la perte de leur fils écrasé par un éléphant.
Et voici le stupa bouddhiste Kathesimbhu, dans le style népalais (avec des paires d'yeux tournés vers les quatre points cardinaux), et entouré d'un grand nombre de sanctuaires et de statues honorant des déités mineures. Cet ensemble est une copie de format réduit du grand complexe Swayambhunath, à l'extérieur de la ville.
Patan et Bhaktapur sont des villes voisines de Katmandu. Patan, immédiatement au sud, et Bhaktapur, un peu plus à l'est, sont les trois villes qui ont servi tour à tour de capitale aux divers rois de la dynastie Malla, du XIVe au XVIIIe. A gauche dans le Square Durbar, un temple de trois étages dédié à Hari Shankar (déité moitié Vishnu moitié Shiva) cache partiellement le temple Taleju, plus grand, qui fait partie du Palais Royal. La structurale octogonale en pierres, à droite, est le temple Chyasim Deval, construit en l'honneur de Krishna au XVIIIe.
L'influence indienne bien reconnaissable dans le temple Chyasim Deval, sur la photo précédente, devient frappante dans le style du temple Krishna Mandir. Ces temples de type indien contrastent fortement avec les structures de bois à multiples étages des temples traditionnels népalais, de même qu'avec la simplicité caractéristique des stupas que l'on retrouve dans tous les pays bouddhistes.
L'influence indienne est également manifeste dans ce sanctuaire de coin d'une rue, qui n'apparaît même pas sur mes cartes itinéraires. Il existe ainsi un nombre incalculable de petits lieux saints témoignant de l'omniprésence de telle ou telle autre déité dans la vie des Népalais.
Il est intéressant de noter, sur le Square Durbar (place du palais), de Bhaktapur, le contraste évident entre le style indien du temple Shiva, à l'avant-plan, et le style népalais du temple Krishna, à l'arrière, tous les deux construits au XVIIe.
Le style indien du temple en pierre Vasala Durga cohabite de nouveau avec le style népalais du temple en bois Chyasilin Mandapa (en fait, ce dernier est surtout fait d'acier, car il été complètement reconstruit après qu'il fût détruit par un tremblement de terre en 1934).
Profondément religieuses (ou superstitieuses?), de nombreuses femmes se bousculent pour déposer leurs offrandes (riz, pétales de fleurs, pigments rouges et jaunes) à Ganesh à tête d'éléphant, dieu de la prospérité. Tout comme en Inde, les chapelles voués à Ganesh semblent attirer davantage les femmes que les hommes. Les hommes seraient-ils moins préoccupés de prospérité?
Le temple Fasidega Shiva est l'un des très rares dans cette vallée qui ne répondent ni au style shikhara indien, ni au style traditionnel népalais ni encore au style stupa bouddhiste.
Ce temple, construit au XVe siècle, est dédié à Dattatraya, l'une des nombreuses incarnations de Vishnou, présumé cousin du Bouddha ainsi que professeur de Shiva. En dépit de la chronologie, ce temple est très populaire aussi bien chez les fidèles de Vishnou et de Shiva que chez les bouddhistes.
Après avoir passé une semaine à visiter les temples de la vallée de Katmandu et tenté de situer les diverses déités dans leur niche respective du panthéon népalais, j'étais prêt à visiter le Tibet et j'ai pris un billet pour un voyage d'une semaine à Lhasa, en autobus.
Quitter Katmandu par autobus m'a fourni l'occasion de voir la campagne. La moitié des Népalais habitent les larges vallées entre la chaîne Mahabarat, au sud, et l'Himalaya, au nord. Le sol fertile est terrassé jusqu'à 2000 mètres d'altitude et produit du riz en été et du blé en hiver. Maïs, millet, orge, sarrazin et moutarde y sont aussi cultivés. Dans les plus petites vallées protégées par l'Himalaya, on trouve des terrasses jusqu'à 2700 mètres, et on cultive quelque fois la pomme de terre (originaire des Andes) jusqu'à 4000 mètres d'altitude.
A mon retour de Lhasa en avion, j'ai pris l'autobus de Pokhara sur le tal (lac) Phewa.
L'ombre est très recherchée car le soleil est cruellement fort à cette altitude. On trouve ces plateformes ombragées partout au Népal, chaque village en a plusieurs car elles jouent un rôle de pôle social du quartier.
Mon ami Koghen Pun avec son pieux père arborant des marques religieuses sur son front et son oncle, homme d'affaires parlant l'anglais, en complet blanc.