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Bas de soie. Collant résille et talons aiguilles interminables. Le fétichisme, pratique sexuelle marginale. Et à la mode !
En 2006, peut-on encore considérer le fétichisme comme une paraphilie ? Alors que les médias, l’hygiène sexuelle, et la culture semblent même en encourager ses formes les plus soft ? Nos
sociétés accumulent tous les ingrédients afin de fétichiser les objets sexuels qu’elles cultivent : publicité, hyperréalité, objets de désirs canoniques, libérations des mœurs, libertés sexuelles et expression du moi, plaisir, divertissement, phénomène de mode récupéré par la roue économique, marketing et besoin de marginalité et d’indépendance dans la norme. Le fétichisme est une tendance qui fait vendre. Fétichisons sur une marque de chaussure précise, un logo, un modèle de voiture, un sandwich Big Mac, il n’y a pas loin de la coupe aux lèvres en terme de fétichisme sexuel.
Il y aura toujours les puristes pour qui il n’y a pas, pas du tout, d’excitation sexuelle sans la participation du fétiche. Cela relève du cabinet du psychologue et de l’analyste et non du sociologue. Car celui qui s’intéresse aujourd’hui aux différents mouvements de masse et d’idéologies ne peut pas ignorer la tendance du fétichisme. Une société libérale et laïque ne pourrait se permettre de considérer ces pratiques (encore) comme le fruit de la perversion et du péché. C’est pour cela que nous parlons davantage de pratiques marginales et non de maladies mentales, déviations ou d’aberrations sexuelles !
Le fétiche tient le rôle d’un catalyseur. Il excite. Tresse de cheveux. Escarpins.
Fetichisme des botte. Tallons aiguilles, fétichisme des pieds. Fetichisme du collant. Fetichisme du bas. Corsets, latex, cuir, sous-vêtements, … . Tout objet, qu’il soit animé ou non peut endosser le rôle de fétiche, et cela sera selon les excentricités du fétichiste. Nul besoin d’allonger la liste d’exemples, elle est infinie. Dans tous les cas, le désir s’articule autour d’un objet ou de la partie précise du corps. La recherche de stimuli érotiques à l’aide grâce au fétiche pourra être occasionnelle, pour la majorité des pratiquants.
Lorsque le fétiche s’impose comme amorce dans les phases de l’excitation sexuelle, on ne parle plus de la majorité des fétichistes du dimanche mais d’un trouble plus complexe et moins facile à gérer. Le fétichiste, lorsque privé de son fétiche, ressentira une forte anxiété. Car le fétichiste pur et dur ne s’intéresse pas à l’autre, dans sa complexité et sa totalité, mais reste fixé à une seule chose. La génitalité est secondaire, seul compte la réalisation du rituel fétiche et l’observation de ses règles. C’est l’objet qui est érogène, et non le sujet.
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