La tendance est au Bondage. Et au bondage extreme . Une pratique attachante qui tisse des liens avec un art ancestral japonais. Bondage girl. Bondage gay. Lesbian bondage. Des cordes pour tous. Le postmodernisme utilise, avale, récupère et copie-colle tout. Les tendances réactualisent, recyclent et remixent les références temporelles.
Le postmodernisme marque la fin des modèles sociologues. La juxtaposition et le mélange s’appliquent à la modification des hiérarchies et à l’accélération des renversements collectifs. «La vraie morale se moque de la morale. » dirait Pascal. De nombreux modèles existentiels alternatifs sont disponibles et rendent compte de la diversité des mœurs et des comportements.
Le pluralisme idéologique permet à de toutes nouvelles valeurs d’en côtoyer de plus anciennes. Tous les moyens sont bons pour être heureux et sont légitimes lorsque l’honnête citoyen a fondamentalement le droit d’être lui-même. Politiquement correct, tout mode de vie est théoriquement respectable. Et cela est aussi vrai dans la chambre à coucher du citoyen respectable, dans le cadre de la légalité, évidemment.
La tolérance et l’absence de jugement sont le résultat de la multiplication des valeurs, de la fragmentation de la société et du déclin des hiérarchies. La société n’en finit plus de multiplier les sous-groupes et les ghettos; culture techno, culture gaie et lesbienne, culture des 25-35, culture des gais et des lesbiennes de 25-35 ans aimant le techno, … Paradoxalement, l’individu ressent un fort besoin d’appartenance. Faire partie et prendre le parti d’un groupe sont devenus une nécessité, nécessité que la publicité ne manque pas d’exploiter.
Voilà dans quel contexte s’exprime le bondage, l’art de lier, d’attacher, de contraindre par des liens son partenaire. Nous sommes face à un phénomène de mode, une pure tendance. Mais de quoi retourne t-elle exactement ?
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